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Comment détecter la pollution des sols avant un projet de construction ?

  • 19 déc. 2025
  • 3 min de lecture


Lancer un chantier sur un terrain contaminé sans le savoir peut transformer un projet rentable en gouffre financier. Arrêt des travaux, évacuation des terres en filières spécialisées, reprise du planning : les conséquences d'une pollution découverte tardivement pèsent lourd sur les budgets et les délais. Pour les maîtres d'ouvrage et les constructeurs, anticiper cette question dès la phase amont devient un réflexe indispensable et un diagnostic de pollution des sols est une étape à ne surtout pas négliger.


Première étape : exploiter les bases de données publiques

Avant même de se rendre sur le terrain pour faire un diagnostic de pollution des sols, plusieurs outils permettent d'évaluer le passé industriel d'une parcelle. Ces ressources, accessibles gratuitement, constituent le premier filtre pour identifier les zones à risque.


  • BASIAS recense les anciens sites industriels et activités de service susceptibles d'avoir généré une pollution. Cette base de données, alimentée depuis les années 1990, répertorie plus de 300 000 sites en France. Attention toutefois : l'inscription dans BASIAS ne préjuge pas de l'état réel des sols, elle signale simplement qu'une activité potentiellement polluante a été exercée à cet endroit.

  • BASOL, de son côté, liste les sites où une pollution avérée a été constatée et qui appellent une action des pouvoirs publics. Un terrain présent dans cette base a fait l'objet d'évaluations et, le plus souvent, d'analyses confirmant la contamination.

  • Le portail Géorisques centralise ces informations et permet de vérifier si une parcelle se situe dans un Secteur d'Information sur les Sols (SIS). Sur un terrain classé en SIS, le maître d'ouvrage devra obligatoirement fournir une attestation de prise en compte de la pollution des sols dans son dossier de permis de construire.



Identifier les indices lors de la visite de site

La consultation des archives ne suffit pas toujours. Certains terrains n'apparaissent dans aucune base alors qu'ils ont accueilli des activités polluantes : garages informels, dépôts sauvages, remblais d'origine douteuse. La visite de terrain permet de repérer des signaux d'alerte que les documents ne mentionnent pas.


Une végétation anormalement clairsemée ou dégradée sur certaines zones peut trahir une contamination du sol. Les plantes absorbent les polluants par leurs racines et leur développement s'en trouve affecté. Des différences de couleur dans la terre, taches noirâtres, reflets irisés, zones blanchâtres, méritent également attention.


La présence de vestiges d'anciennes constructions, de dalles béton inexpliquées ou de canalisations abandonnées doit interroger. Ces éléments peuvent signaler d'anciens stockages enterrés, des cuves à hydrocarbures ou des fosses de décantation. Les odeurs inhabituelles htelles que celle des hydrocarbures, solvants, ammoniaque constituent aussi un indice évident mais souvent sous-estimé lors d'une visite rapide.


Relier les polluants aux usages passés

Chaque type d'activité laisse une signature spécifique dans les sols. Connaître cette correspondance permet d'orienter les analyses et d'anticiper les filières d'évacuation des terres.

  • Les anciennes stations-service et garages automobiles génèrent principalement des contaminations aux hydrocarbures (essence, diesel, huiles) et aux métaux lourds (plomb, zinc).

  • Les sites de pressing ou de dégraissage industriel sont associés aux solvants chlorés, particulièrement persistants et mobiles dans les nappes.

  • Les activités métallurgiques laissent des traces de métaux lourds (chrome, nickel, cadmium) tandis que les anciens sites agricoles peuvent présenter des résidus de pesticides ou d'engrais.


Cette connaissance influence directement le dimensionnement du diagnostic de la pollution des sols : le bureau d'études adapte donc son plan de prélèvement et le panel d'analyses en fonction des substances susceptibles d'être présentes.


Ne pas se limiter aux sols

La contamination d'un terrain ne se cantonne pas toujours à la terre. Selon le contexte hydrogéologique et la nature des polluants suspectés, le diagnostic peut s'étendre aux eaux souterraines et aux gaz du sol.

Les solvants chlorés, par exemple, migrent facilement vers les nappes phréatiques et peuvent affecter des zones bien au-delà du site initial. Les hydrocarbures volatils génèrent des émanations gazeuses susceptibles de s'accumuler dans les vides sanitaires ou les sous-sols des futurs bâtiments.


Un diagnostic de pollution des sols complet intègre ces paramètres pour évaluer l'ensemble des risques sanitaires et environnementaux liés au projet.


Anticiper la gestion des terres excavées

Au-delà de la question sanitaire, le diagnostic pollution conditionne la gestion des déblais de chantier. Les terres excavées sont considérées comme des déchets dont l'orientation dépend de leur niveau de contamination.


Un sol sain peut être réutilisé sur site ou valorisé. Un sol faiblement pollué partira vers une Installation de Stockage de Déchets Inertes (ISDI). Des contaminations plus importantes imposent une évacuation vers des filières spécialisées (ISDND, ISDD) dont les coûts sont sans commune mesure avec une gestion classique des terres.


Réaliser le diagnostic en amont permet d'intégrer ces paramètres dans le budget prévisionnel et d'éviter les mauvaises surprises une fois les terrassements lancés. Le timing idéal ? Commander l'étude dès la phase de faisabilité, avant même le dépôt du permis de construire, pour disposer de toutes les cartes en main au moment de finaliser le montage de l'opération.

 
 
 

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